Ethiopie
Vallée de l'Omo, Ethiopie
16 / Jul / 2010
Dès notre arrivée en Ethiopie, il y a 5 semaines, nous avions décidé d'explorer la Vallée de l'Omo. Depuis Konso, où nous quittons à regret Nele et Bjorn, il n'y a qu'une seule route vers la Vallée de l'Omo. Après avoir franchi le pont, nous pénétrons dans la Vallée et tout ce que nous avons alors en tête ce sont les tribus primitives de cette région et les photos que nous espérons faire.
On apprend dans le guide qu'il nous faut obtenir un permis de circuler pour être autorisé à voyager dans notre véhicule privé dans l'Omo, permis qui selon le guide Bradt peut être obtenu à Addis, Konso ou Jinka. Addis est loin derrière, à Jinka ils refusent de délivrer ce permis car l'Omo ne fait pas partie de leur responsabilité territoriale et à notre arrivée à Jinka on se heurte à une nouvelle situation, loin d'être positive. Ils veulent que nous embauchions un guide avant de nous donner ce fameux permis.
A ce moment précis, nous commençons à en avoir plus qu'assez des surprises éthiopiennes. Si ce n'est pas payer un supplément pour votre véhicule sur un parking où personne d'autre ne paye, ou être facturé en double pour une chambre plus une place de camping sur le parking de ce même hôtel, ou systématiquement avoir à payer le triple voire quadruple du prix local dans n'importe quelle épicerie, ou bien les enfants sur le bord de la route qui jettent des pierres aux véhicules étrangers, ou encore les nombreux travaux sur la route organisés sans aucune logique, cette fois-ci il s'agit de nous forcer à prendre un guide afin d'obtenir un permis de circuler qui, on s'en doute déjà, ne nous sera jamais demandé durant notre périple dans la Vallée de l'Omo…
Un guide que vous devez payer chaque jour, qui doit bien sûr voyager à l'arrière de votre véhicule, lequel est déjà surchargé, que vous devez nourrir et loger car évidemment il n'a pas assez d'argent avec lui, qui n'a en fait pas plus de connaissances que celles que vous pouvez trouver dans les guides touristiques (livres ou internet) hormis le fait qu'il parle amharique et anglais ce qui sera utile dans certaines situations et qui, pour finir, transporte avec lui dans votre 4x4 son sac plein de puces ! Inutile de préciser que notre patience atteint ses limites dans ce magnifique pays qui a tant à offrir, mais où tout est rendu tellement difficile, voire impossible, pour le voyageur indépendant.
Nous informons l'officier en charge à l'équivalent d'un office du tourisme que nous avons besoin d'y réfléchir et que nous reviendrons le lendemain. Entre temps, on passe au bureau des guides en ville pour demander quel est le genre de services qu'un guide offre et à quel tarif. Nous discutons longuement avec eux de ce pourquoi nous sommes dans la Vallée de l'Omo, que nous souhaitons photographier les tribus de cette région en évitant à tout prix le circuit touristique qui est devenu une véritable mascarade. On a une bonne impression sur un des guides, Wende, un jeune homme de la tribu Bana, qui parle plusieurs dialectes locaux des autres tribus, en plus de l'anglais et amharique. On s'accorde donc avec lui sur un départ le lendemain matin, pour au moins 3 jours et si ses prestations nous conviennent, pour 8 jours au total au prix de 15€ par jour (l'équivalent d'un mois de salaire dans le pays)…
Le jour suivant, nous essayons de rencontrer à nouveau l'officier en charge pour obtenir le permis, officier qui bien évidemment n'est nulle part dans ses bureaux. De retour au bureau des guides, le soit-disant manager nous informe que Wende ne pourra pas nous accompagner car les guides travaillent en rotation et qu'il nous faudra donc nous contenter de quelqu'un d'autre (chose inconnue le jour précédent) ! Demi-tour et retour à l'office du tourisme où nous trouvons l'assistant de l'officier en charge, qui désormais informé du fait que nous employons un guide (les nouvelles vont vite !) tente d'imprimer le permis de circuler sur une imprimante qui semble ne pas avoir été utilisée depuis 6 mois… 3 heures plus tard, nous avons notre permis en poche et Wende à l'arrière du 4x4, car on a bien fait comprendre au bureau des guides qu'il était hors de question de prendre qui que ce soit d'autre au dernier moment alors qu'on a passé 2 heures la veille avec Wende à lui expliquer ce qu'on recherche !
Nous pénétrons enfin dans les terres reculées de la Vallée de l'Omo pour rejoindre la tribu Mursi, dans le parc national Mago. On campe à Hayhola, village Mursi éloigné de tout et le matin suivant on se réveille avec un comité d'accueil d'une douzaine de jeunes hommes Mursi au pied notre tente ! Tous veulent qu'on les photographie pour quelques Birr chacun. A ce moment précis Wende nous est d'une grande aide, il leur explique que nous ne prendrons des photos qu'en fin d'après-midi, à la tombée du jour, en raison de la lumière extrême aveuglante qui rend toute photo sans intérêt. Entre temps, on commence à regarder les personnes qu'on aimerait photographier, étrange impression, c'est comme si on faisait un casting de mode au beau milieu d'une tribu primitive… Personnellement, pas exactement le genre d'approche photographique qu'on préfère, malheureusement on n'a pas d'autre choix. Pas d'argent, pas de photo ! C'est aussi simple que ça dans cette région.
Notre arrêt suivant est au sud du parc national Mago et pour l'atteindre nous devons donc traverser Mago. La piste trouvée n'est sans doute pas utilisée plus d'une ou deux fois par an. La savane est si dense qu'il nous est difficile de distinguer la piste et nous sommes littéralement attaqués par une invasion de mouches tsé-tsé. Toutes fenêtres fermées, on tue les mouches qui ont réussi à s'introduire dans le 4x4 pour éviter d'être piqués et on avance sur la piste comme on peut. 1 heure plus tard, mais seulement 4km plus loin, on décide de rebrousser chemin, si on rencontre un problème dans ce coin hostile et reculé de tout, on aura trop de difficultés à s'en sortir.
De retour à Jinka, nous essayons de trouver la tribu Ari, à 10km au nord de la ville, une tribu qui apparemment fait des décorations végétales sur leur corps à base de peintures naturelles et de feuilles. Malheureusement, une fois au village, nous découvrons que la tribu Ari ne fait ce genre de décoration corporelle qu'à l'occasion de certaines cérémonies (mariage par exemple) et le reste du temps ils ont plus ou moins perdu leurs traditions.
Le lendemain, on roule en direction Turmi au sud de l'Omo, 120km de piste en état acceptable. A Turmi, on découvre les magnifiques tribus Hamer et Bana et, avec un peu de chance, on pourra assister à une cérémonie de saut de vaches. Les femmes Hamer sont habillées de robe en peau de chèvre, la poudre d'ocre qu'elles mettent dans leurs cheveux donnent à leur peau cette sublime couleur marron aux reflets orangés chatoyants. Les Hamers vivent pour la plupart dans les villages aux alentours de Turmi, ils se rendent en ville chaque lundi, jour de marché, pour vendre leurs troupeaux de vaches et acheter du sorgho et maïs. Les hommes portent des jupes courtes avec une harmonieuse recherche de couleurs, leurs torses sont couverts de cicatrices faites à la lame de rasoir en décoration corporelle. La chance est avec nous, il y a une cérémonie de saut de vaches en vue d'un mariage le jour suivant et on trépigne d'impatience de la photographier évidemment. Les photos parlent d'elles-mêmes, c'est le seul moment où pour un tarif global (pour assister à la cérémonie) on peut prendre autant de photos qu'on veut sans avoir à négocier avec chaque personne à chaque instant. On peut enfin travailler comme il se doit !
Quelques jours et villages plus tard, nous décidons de quitter la Vallée de l'Omo, avec un mélange d'impressions sur cette expérience. D'un côté, nous avons adoré découvrir ces différentes tribus et leurs cultures primitives, mais d'un autre côté nous n'avons pas pu réellement profiter de ces rencontres car le seul contact avec les membres de ces tribus se limite à une photo pour tel prix. Dès qu'ils comprennent que vous ne ferez pas de photo d'eux, ils se détournent immédiatement, le contact est terminé. Le tourisme a amené l'argent et beaucoup d'autres choses dans la Vallée de l'Omo, y compris l'alcool. Souvent, trop souvent, nous avons trouvé des villages entiers complètement saouls dès 1h de l'après-midi… Est-ce que le tourisme détruit progressivement les traditions de ces tribus uniques au monde ? La question se pose inévitablement…
On apprend dans le guide qu'il nous faut obtenir un permis de circuler pour être autorisé à voyager dans notre véhicule privé dans l'Omo, permis qui selon le guide Bradt peut être obtenu à Addis, Konso ou Jinka. Addis est loin derrière, à Jinka ils refusent de délivrer ce permis car l'Omo ne fait pas partie de leur responsabilité territoriale et à notre arrivée à Jinka on se heurte à une nouvelle situation, loin d'être positive. Ils veulent que nous embauchions un guide avant de nous donner ce fameux permis.
A ce moment précis, nous commençons à en avoir plus qu'assez des surprises éthiopiennes. Si ce n'est pas payer un supplément pour votre véhicule sur un parking où personne d'autre ne paye, ou être facturé en double pour une chambre plus une place de camping sur le parking de ce même hôtel, ou systématiquement avoir à payer le triple voire quadruple du prix local dans n'importe quelle épicerie, ou bien les enfants sur le bord de la route qui jettent des pierres aux véhicules étrangers, ou encore les nombreux travaux sur la route organisés sans aucune logique, cette fois-ci il s'agit de nous forcer à prendre un guide afin d'obtenir un permis de circuler qui, on s'en doute déjà, ne nous sera jamais demandé durant notre périple dans la Vallée de l'Omo…
Un guide que vous devez payer chaque jour, qui doit bien sûr voyager à l'arrière de votre véhicule, lequel est déjà surchargé, que vous devez nourrir et loger car évidemment il n'a pas assez d'argent avec lui, qui n'a en fait pas plus de connaissances que celles que vous pouvez trouver dans les guides touristiques (livres ou internet) hormis le fait qu'il parle amharique et anglais ce qui sera utile dans certaines situations et qui, pour finir, transporte avec lui dans votre 4x4 son sac plein de puces ! Inutile de préciser que notre patience atteint ses limites dans ce magnifique pays qui a tant à offrir, mais où tout est rendu tellement difficile, voire impossible, pour le voyageur indépendant.
Nous informons l'officier en charge à l'équivalent d'un office du tourisme que nous avons besoin d'y réfléchir et que nous reviendrons le lendemain. Entre temps, on passe au bureau des guides en ville pour demander quel est le genre de services qu'un guide offre et à quel tarif. Nous discutons longuement avec eux de ce pourquoi nous sommes dans la Vallée de l'Omo, que nous souhaitons photographier les tribus de cette région en évitant à tout prix le circuit touristique qui est devenu une véritable mascarade. On a une bonne impression sur un des guides, Wende, un jeune homme de la tribu Bana, qui parle plusieurs dialectes locaux des autres tribus, en plus de l'anglais et amharique. On s'accorde donc avec lui sur un départ le lendemain matin, pour au moins 3 jours et si ses prestations nous conviennent, pour 8 jours au total au prix de 15€ par jour (l'équivalent d'un mois de salaire dans le pays)…
Le jour suivant, nous essayons de rencontrer à nouveau l'officier en charge pour obtenir le permis, officier qui bien évidemment n'est nulle part dans ses bureaux. De retour au bureau des guides, le soit-disant manager nous informe que Wende ne pourra pas nous accompagner car les guides travaillent en rotation et qu'il nous faudra donc nous contenter de quelqu'un d'autre (chose inconnue le jour précédent) ! Demi-tour et retour à l'office du tourisme où nous trouvons l'assistant de l'officier en charge, qui désormais informé du fait que nous employons un guide (les nouvelles vont vite !) tente d'imprimer le permis de circuler sur une imprimante qui semble ne pas avoir été utilisée depuis 6 mois… 3 heures plus tard, nous avons notre permis en poche et Wende à l'arrière du 4x4, car on a bien fait comprendre au bureau des guides qu'il était hors de question de prendre qui que ce soit d'autre au dernier moment alors qu'on a passé 2 heures la veille avec Wende à lui expliquer ce qu'on recherche !
Nous pénétrons enfin dans les terres reculées de la Vallée de l'Omo pour rejoindre la tribu Mursi, dans le parc national Mago. On campe à Hayhola, village Mursi éloigné de tout et le matin suivant on se réveille avec un comité d'accueil d'une douzaine de jeunes hommes Mursi au pied notre tente ! Tous veulent qu'on les photographie pour quelques Birr chacun. A ce moment précis Wende nous est d'une grande aide, il leur explique que nous ne prendrons des photos qu'en fin d'après-midi, à la tombée du jour, en raison de la lumière extrême aveuglante qui rend toute photo sans intérêt. Entre temps, on commence à regarder les personnes qu'on aimerait photographier, étrange impression, c'est comme si on faisait un casting de mode au beau milieu d'une tribu primitive… Personnellement, pas exactement le genre d'approche photographique qu'on préfère, malheureusement on n'a pas d'autre choix. Pas d'argent, pas de photo ! C'est aussi simple que ça dans cette région.
Notre arrêt suivant est au sud du parc national Mago et pour l'atteindre nous devons donc traverser Mago. La piste trouvée n'est sans doute pas utilisée plus d'une ou deux fois par an. La savane est si dense qu'il nous est difficile de distinguer la piste et nous sommes littéralement attaqués par une invasion de mouches tsé-tsé. Toutes fenêtres fermées, on tue les mouches qui ont réussi à s'introduire dans le 4x4 pour éviter d'être piqués et on avance sur la piste comme on peut. 1 heure plus tard, mais seulement 4km plus loin, on décide de rebrousser chemin, si on rencontre un problème dans ce coin hostile et reculé de tout, on aura trop de difficultés à s'en sortir.
De retour à Jinka, nous essayons de trouver la tribu Ari, à 10km au nord de la ville, une tribu qui apparemment fait des décorations végétales sur leur corps à base de peintures naturelles et de feuilles. Malheureusement, une fois au village, nous découvrons que la tribu Ari ne fait ce genre de décoration corporelle qu'à l'occasion de certaines cérémonies (mariage par exemple) et le reste du temps ils ont plus ou moins perdu leurs traditions.
Le lendemain, on roule en direction Turmi au sud de l'Omo, 120km de piste en état acceptable. A Turmi, on découvre les magnifiques tribus Hamer et Bana et, avec un peu de chance, on pourra assister à une cérémonie de saut de vaches. Les femmes Hamer sont habillées de robe en peau de chèvre, la poudre d'ocre qu'elles mettent dans leurs cheveux donnent à leur peau cette sublime couleur marron aux reflets orangés chatoyants. Les Hamers vivent pour la plupart dans les villages aux alentours de Turmi, ils se rendent en ville chaque lundi, jour de marché, pour vendre leurs troupeaux de vaches et acheter du sorgho et maïs. Les hommes portent des jupes courtes avec une harmonieuse recherche de couleurs, leurs torses sont couverts de cicatrices faites à la lame de rasoir en décoration corporelle. La chance est avec nous, il y a une cérémonie de saut de vaches en vue d'un mariage le jour suivant et on trépigne d'impatience de la photographier évidemment. Les photos parlent d'elles-mêmes, c'est le seul moment où pour un tarif global (pour assister à la cérémonie) on peut prendre autant de photos qu'on veut sans avoir à négocier avec chaque personne à chaque instant. On peut enfin travailler comme il se doit !
Quelques jours et villages plus tard, nous décidons de quitter la Vallée de l'Omo, avec un mélange d'impressions sur cette expérience. D'un côté, nous avons adoré découvrir ces différentes tribus et leurs cultures primitives, mais d'un autre côté nous n'avons pas pu réellement profiter de ces rencontres car le seul contact avec les membres de ces tribus se limite à une photo pour tel prix. Dès qu'ils comprennent que vous ne ferez pas de photo d'eux, ils se détournent immédiatement, le contact est terminé. Le tourisme a amené l'argent et beaucoup d'autres choses dans la Vallée de l'Omo, y compris l'alcool. Souvent, trop souvent, nous avons trouvé des villages entiers complètement saouls dès 1h de l'après-midi… Est-ce que le tourisme détruit progressivement les traditions de ces tribus uniques au monde ? La question se pose inévitablement…
Direction le sud, Ethiopie
03 / Jul / 2010
De retour d'Harar, nous refaisons la même route puisque c'est la seule existante de ce côté du pays. Après Adama, nous prenons la direction du sud en direction des sources d'eau chaude de Sodere, pour faire face à la situation la plus ridicule rencontrée durant notre séjour en Ethiopie : Sodere est un parc national pour lequel on doit s'acquitter d'un billet d'entrée, plus le camping, tout normal jusque-là, sauf que les gardiens du parc veulent nous faire payer en extra 4 Birr (1 euro cent) par bouteille d'eau minérale dans nos véhicules. Malheureusement, nous venons juste de refaire notre stock d'eau à Adama et on transporte quelque chose comme 50 bouteilles d'eau chacun. Ce n'est évidemment pas pour le coût à payer en plus, mais cette fois-ci c'est pour le principe. Ils refusent catégoriquement de comprendre que lorsque nous campons et voyageons de notre façon, il nous est vital de transporter un certain volume d'eau dans nos véhicules. Face à autant de stupidité, nous faisons demi-tour et reprenons la route sans trop savoir où nous allons finir ce soir alors qu'il est déjà 17h.
Après une trop longue journée de 12 heures de route au final, nous arrivons finalement au Lac Langano.
Le Camp Karkaro possède un site merveilleux sur une plage propre au bord du Lac Langano. On ne réalise la beauté de cet endroit qu'au levé du jour le lendemain matin, en se réveillant face à ce splendide lac avec absolument personne autour de nous. Il est important de noter ici que c'est la première fois en Ethiopie que nous pouvons enfin profiter de la beauté d'un paysage sans avoir immédiatement 10 personnes au minimum qui encerclent le 4x4 et demandent de l'argent, de l'eau, un stylo, un sac plastique, une feuille de papier, une bouteille vide, un t-shirt, etc. Inutile de préciser donc que deux jours nous seront nécessaires pour profiter comme il se doit de ce lieu rêvé de calme et tranquillité. Barry et Bjorn s'essayent à la pêche, tandis que Nele et Val se baignent dans l'eau chaude du lac (le seul de la région sans aucune bactérie dangereuse). Quelques heures plus tard, nous avons quatre poissons à table, tués et nettoyés par la courageuse Nele. Bjorn est le chef ce soir et nous surprend avec une délicieuse mousse au chocolat pour fêter l'anniversaire de Val !
Nous sommes normalement des voyageurs solitaires, nous aimons la compagnie des autres… à petite dose et de loin ! Pourtant, durant ces dernières semaines passées avec Bjorn et Nele, c'est devenu comme une seconde nature de voyager tous les quatre. Ainsi, se dire au-revoir quelques centaines de kilomètres plus au sud, à Konso où nos routes se séparent, est un peu triste. Ils poursuivent vers le sud en direction du Kenya pour retrouver leur famille qui vient les rejoindre et nous nous dirigeons vers l'ouest, vers la vallée de l'Omo. Chemin faisant, Bjorn et Nele sont devenus des amis chers et nous sommes sûrs de nous retrouver à nouveau, autre part.
Après une trop longue journée de 12 heures de route au final, nous arrivons finalement au Lac Langano.
Le Camp Karkaro possède un site merveilleux sur une plage propre au bord du Lac Langano. On ne réalise la beauté de cet endroit qu'au levé du jour le lendemain matin, en se réveillant face à ce splendide lac avec absolument personne autour de nous. Il est important de noter ici que c'est la première fois en Ethiopie que nous pouvons enfin profiter de la beauté d'un paysage sans avoir immédiatement 10 personnes au minimum qui encerclent le 4x4 et demandent de l'argent, de l'eau, un stylo, un sac plastique, une feuille de papier, une bouteille vide, un t-shirt, etc. Inutile de préciser donc que deux jours nous seront nécessaires pour profiter comme il se doit de ce lieu rêvé de calme et tranquillité. Barry et Bjorn s'essayent à la pêche, tandis que Nele et Val se baignent dans l'eau chaude du lac (le seul de la région sans aucune bactérie dangereuse). Quelques heures plus tard, nous avons quatre poissons à table, tués et nettoyés par la courageuse Nele. Bjorn est le chef ce soir et nous surprend avec une délicieuse mousse au chocolat pour fêter l'anniversaire de Val !
Nous sommes normalement des voyageurs solitaires, nous aimons la compagnie des autres… à petite dose et de loin ! Pourtant, durant ces dernières semaines passées avec Bjorn et Nele, c'est devenu comme une seconde nature de voyager tous les quatre. Ainsi, se dire au-revoir quelques centaines de kilomètres plus au sud, à Konso où nos routes se séparent, est un peu triste. Ils poursuivent vers le sud en direction du Kenya pour retrouver leur famille qui vient les rejoindre et nous nous dirigeons vers l'ouest, vers la vallée de l'Omo. Chemin faisant, Bjorn et Nele sont devenus des amis chers et nous sommes sûrs de nous retrouver à nouveau, autre part.
Les hyènes sauvages d'Harar, Ethiopie
02 / Jul / 2010
Après 10 heures de route ce jour-là, nous entrons dans Harar à la nuit tombée (une fois encore) à la recherche d'un endroit décent pour passer la nuit, ce qui s'avère plus difficile que prévu. Les filles, Nele et Val, suggèrent après plusieurs tentatives décevantes dans des hôtels, de prendre une chambre uniquement pour accéder la salle de bain et de camper sur le parking de l'hôtel - ce qui étonne et amuse beaucoup les employés curieux de nos tentes sur les toits des 4x4.
Harar se situe loin de tout, à l'est de l'Ethiopie, proche de la Somalie. Avec sa communauté musulmane, la cité est considérée comme la 4e ville sainte de l'Islam et ses imposantes portes sont demeurées fermées à tout non-Musulman jusqu'au XIXe siècle. Comptant près de 90 mosquées, nous parcourons à pied le dédale des rues sinueuses de la vieille ville avec ses maisons en pierre et ses murs blanchis à la chaux, avant d'arriver sur au marché aux mille couleurs. Les femmes vendent fruits, légumes, épices et céréales sur des étals minuscules ou à même le sol, les enfants courent dans tous les sens en chantant et on commence à comprendre pourquoi le poète français Arthur Rimbaud a choisi cette cité pour y finir sa vie.
De nos jours, Harar est célèbre auprès des voyageurs pour l'homme aux hyènes : Yussuf Pepe. Chaque soir, il nourrit entre 15 et 20 hyènes sauvages devant sa maison, aux abords des murs encerclant la cité. Nous rencontrons Yussuf dans ses champs cet après-midi afin de prendre rendez-vous pour le soir à venir. Homme curieux, distant et détaché de tout, pourtant il semble s'intéresser à la coupe de cheveux de Val, encore une fois, tant de gens ne comprennent pas le pourquoi de ses cheveux aussi courts. Arrivant de nuit le soir-même, nous distinguons à peine Yussuf dans l'obscurité, il se prépare et semble être en transe. Il s'assoit sous un arbre et commence à appeler les hyènes par leurs noms respectifs. Une à une, nous les voyons émerger de l'obscurité des champs aux alentours. A 10m à peine de nous se trouvent déjà une douzaine de hyènes. Rapidement, de plus en plus de hyènes rejoignent Yussuf pour recevoir leur repas quotidien. Bjorn avait prétendu ne pas vouloir les nourrir lui-même, pourtant il est le premier d'entre nous à s'emparer du bâton avec la viande ! S'agenouiller, être à la même hauteur que ces vigoureux carnivores (une des mâchoires les plus puissantes du monde animal) est un peu effrayant au début, mais surtout très excitant. Mettre le bâton dans sa bouche pour les nourrir est encore mieux, la hyène s'approche à 30cm de votre visage pour attraper le morceau de viande qui pend à l'extrémité du bâton. Si on se relève, elles sont immédiatement apeurées, à aucun moment on ne se sent en danger. Elles ont à peu près la taille d'un gros chien mais sont en fait aussi timides qu'un petit chat. Une formidable expérience à conserver en mémoire pour toujours !
Harar se situe loin de tout, à l'est de l'Ethiopie, proche de la Somalie. Avec sa communauté musulmane, la cité est considérée comme la 4e ville sainte de l'Islam et ses imposantes portes sont demeurées fermées à tout non-Musulman jusqu'au XIXe siècle. Comptant près de 90 mosquées, nous parcourons à pied le dédale des rues sinueuses de la vieille ville avec ses maisons en pierre et ses murs blanchis à la chaux, avant d'arriver sur au marché aux mille couleurs. Les femmes vendent fruits, légumes, épices et céréales sur des étals minuscules ou à même le sol, les enfants courent dans tous les sens en chantant et on commence à comprendre pourquoi le poète français Arthur Rimbaud a choisi cette cité pour y finir sa vie.
De nos jours, Harar est célèbre auprès des voyageurs pour l'homme aux hyènes : Yussuf Pepe. Chaque soir, il nourrit entre 15 et 20 hyènes sauvages devant sa maison, aux abords des murs encerclant la cité. Nous rencontrons Yussuf dans ses champs cet après-midi afin de prendre rendez-vous pour le soir à venir. Homme curieux, distant et détaché de tout, pourtant il semble s'intéresser à la coupe de cheveux de Val, encore une fois, tant de gens ne comprennent pas le pourquoi de ses cheveux aussi courts. Arrivant de nuit le soir-même, nous distinguons à peine Yussuf dans l'obscurité, il se prépare et semble être en transe. Il s'assoit sous un arbre et commence à appeler les hyènes par leurs noms respectifs. Une à une, nous les voyons émerger de l'obscurité des champs aux alentours. A 10m à peine de nous se trouvent déjà une douzaine de hyènes. Rapidement, de plus en plus de hyènes rejoignent Yussuf pour recevoir leur repas quotidien. Bjorn avait prétendu ne pas vouloir les nourrir lui-même, pourtant il est le premier d'entre nous à s'emparer du bâton avec la viande ! S'agenouiller, être à la même hauteur que ces vigoureux carnivores (une des mâchoires les plus puissantes du monde animal) est un peu effrayant au début, mais surtout très excitant. Mettre le bâton dans sa bouche pour les nourrir est encore mieux, la hyène s'approche à 30cm de votre visage pour attraper le morceau de viande qui pend à l'extrémité du bâton. Si on se relève, elles sont immédiatement apeurées, à aucun moment on ne se sent en danger. Elles ont à peu près la taille d'un gros chien mais sont en fait aussi timides qu'un petit chat. Une formidable expérience à conserver en mémoire pour toujours !
Addis Ababa, Ethiopie
28 / Jun / 2010
En chemin vers Kombolcha, nous croisons d'autres voyageurs de l'autre côté de la route. On ne peut s'empêcher de faire demi-tour pour aller à leur rencontre, ce n'est pas souvent qu'on voit des voyageurs en Ethiopie et c'est toujours bien d'échanger quelques mots pour partager nos expériences. Bjorn et Nele sont Belges, un couple adorable, en route vers Addis Ababa, donc en fait nous allons tous dans la même direction ! On parle également tous nos langues respectives (Barry parle néerlandais, Val français, Bjorn et Nele néerlandais + français). Pourtant, les premières 5 mn de notre conversation chaotique sont un savant mélange de toutes ces langues sans savoir qui parle quoi exactement ! Ceci se résoudra très rapidement : les filles parlent français entre elles, les garçons néerlandais et tout le monde passe à l'anglais quand on est ensemble.
Bjorn et Nele sont en fait un peu stressés quand on les rencontre. Leur véhicule a eu de sérieux problèmes, en cassant leur essieu-avant, dans la région de Danakil - le pire endroit en Ethiopie où avoir des ennuis mécaniques - et ils ont désormais perdu confiance en leur Land Rover, suite à une réparation temporaire qui n'est certes pas fiable. Les freins grincent beaucoup trop et en montée de côte, leur moteur surchauffe. Nous leur proposons de rouler derrière eux en tant que véhicule de soutien, si besoin était, au cas où les choses tourneraient mal pour eux d'ici Addis qui est encore à 350km de route de montagne. Nele se sent soulagée et Bjorn ne refuse pas.
On entre dans Addis sous la pluie en début de soirée. Trouver le camping dans cette ville chaotique s'avère difficile, malgré que chaque 4x4 soit équipé de GPS. Addis n'offre guère d'activités ni d'attractions à notre goût, donc en 3 jours avec Bjorn et Nele nous arrangeons nos visas kenyans, faisons le plein de pièces détachées chez Toyota, achetons 2 nouveaux pneus tout-terrain et, chemin faisant, avons toutes les difficultés imaginables pour trouver un distributeur automatique qui fonctionne dans cette ville (oui, ça peut s'avérer plus difficile qu'on ne le croit, même dans une capitale). Nous campons tous à Wim's Holland House (La Maison Hollandaise de Wim) mais la pluie est de la partie et faire du camping quand il pleut n'est guère plaisant, donc aussitôt terminé avec nos ''obligations'' à Addis, on reprend la route, heureux de quitter l'agitation de cette ville de 3,5 million d'habitants officiellement (compter au moins 1/3 en plus officieusement !).
Bjorn et Nele sont en fait un peu stressés quand on les rencontre. Leur véhicule a eu de sérieux problèmes, en cassant leur essieu-avant, dans la région de Danakil - le pire endroit en Ethiopie où avoir des ennuis mécaniques - et ils ont désormais perdu confiance en leur Land Rover, suite à une réparation temporaire qui n'est certes pas fiable. Les freins grincent beaucoup trop et en montée de côte, leur moteur surchauffe. Nous leur proposons de rouler derrière eux en tant que véhicule de soutien, si besoin était, au cas où les choses tourneraient mal pour eux d'ici Addis qui est encore à 350km de route de montagne. Nele se sent soulagée et Bjorn ne refuse pas.
On entre dans Addis sous la pluie en début de soirée. Trouver le camping dans cette ville chaotique s'avère difficile, malgré que chaque 4x4 soit équipé de GPS. Addis n'offre guère d'activités ni d'attractions à notre goût, donc en 3 jours avec Bjorn et Nele nous arrangeons nos visas kenyans, faisons le plein de pièces détachées chez Toyota, achetons 2 nouveaux pneus tout-terrain et, chemin faisant, avons toutes les difficultés imaginables pour trouver un distributeur automatique qui fonctionne dans cette ville (oui, ça peut s'avérer plus difficile qu'on ne le croit, même dans une capitale). Nous campons tous à Wim's Holland House (La Maison Hollandaise de Wim) mais la pluie est de la partie et faire du camping quand il pleut n'est guère plaisant, donc aussitôt terminé avec nos ''obligations'' à Addis, on reprend la route, heureux de quitter l'agitation de cette ville de 3,5 million d'habitants officiellement (compter au moins 1/3 en plus officieusement !).
Lalibela, Ethiopie
24 / Jun / 2010
Lalibela ne nous déçoit pas… Nous ne sommes pas fan de visite touristique généralement, mais ce site-là offre bien davantage qu'un amas de vieilles pierres.
Bet Medhane Alem demeure la plus grande église au monde construite entièrement dans la roche, son vaste intérieur avec ses 36 colonnes crée une atmosphère de cathédrale. Etant la 1er église que nous visitons avec Memekia, nous en avons le souffle coupé et il nous est difficile d'imaginer comment un tel ensemble a pu être construit à l'époque du Moyen-Age. Heureusement, le Roi Lalibela a été aidé par les anges pour cet avènement, selon la légende...
Memekia est le 1er guide que nous employons et il nous surprend agréablement : des connaissances approfondies, très sympathique et parlant un parfait anglais. Il nous guide à l'intérieur de cet immense complexe où les églises se superposent les unes aux autres. Les nombreux tunnels, escaliers, portes cachées et passages secrets nous donnent l'impression d'être dans un vrai labyrinthe. Memekia partage avec nous son savoir sur chaque église, qu'il a acquit à l'université d'Addis Ababa.
Bet Giyorgis (Saint-Georges) reste sans conteste la plus majestueuse des églises de Lalibela, littéralement creusée dans la roche en sous-sol, elle se dresse au milieu d'une cour entourée de murs rocheux. Haute de 15m, Saint-Georges a la forme d'une tour cruciforme parfaitement symétrique. Etant sur le site au petit matin, nous pouvons profiter de la magie de cet endroit sans l'ombre d'un touriste aux alentours pour venir perturber l'atmosphère religieuse. Le prêtre orthodoxe, gardien de l'église, nous explique la signification des différents éléments qui composent ce site unique.
La cité monastique de Lalibela fut construite au XIIe siècle et est entièrement creusée dans la roche à 2,630 mètres d'altitude. Le site ainsi enfoui sous-terre demeure quasiment invisible aux visiteurs de la région qui n'en connaîtrait pas son existence. Un lieu à voir absolument en Ethiopie.
Bet Medhane Alem demeure la plus grande église au monde construite entièrement dans la roche, son vaste intérieur avec ses 36 colonnes crée une atmosphère de cathédrale. Etant la 1er église que nous visitons avec Memekia, nous en avons le souffle coupé et il nous est difficile d'imaginer comment un tel ensemble a pu être construit à l'époque du Moyen-Age. Heureusement, le Roi Lalibela a été aidé par les anges pour cet avènement, selon la légende...
Memekia est le 1er guide que nous employons et il nous surprend agréablement : des connaissances approfondies, très sympathique et parlant un parfait anglais. Il nous guide à l'intérieur de cet immense complexe où les églises se superposent les unes aux autres. Les nombreux tunnels, escaliers, portes cachées et passages secrets nous donnent l'impression d'être dans un vrai labyrinthe. Memekia partage avec nous son savoir sur chaque église, qu'il a acquit à l'université d'Addis Ababa.
Bet Giyorgis (Saint-Georges) reste sans conteste la plus majestueuse des églises de Lalibela, littéralement creusée dans la roche en sous-sol, elle se dresse au milieu d'une cour entourée de murs rocheux. Haute de 15m, Saint-Georges a la forme d'une tour cruciforme parfaitement symétrique. Etant sur le site au petit matin, nous pouvons profiter de la magie de cet endroit sans l'ombre d'un touriste aux alentours pour venir perturber l'atmosphère religieuse. Le prêtre orthodoxe, gardien de l'église, nous explique la signification des différents éléments qui composent ce site unique.
La cité monastique de Lalibela fut construite au XIIe siècle et est entièrement creusée dans la roche à 2,630 mètres d'altitude. Le site ainsi enfoui sous-terre demeure quasiment invisible aux visiteurs de la région qui n'en connaîtrait pas son existence. Un lieu à voir absolument en Ethiopie.
Ethiopie - Le marché d'Axum avec Elsa et Natnael
14 / Jun / 2010
Le trajet de Debark à Axum est seulement de 250 km donc vers 15h on prend la route des montagnes. Seulement 250 km de route de montagnes, en fait une piste assez rude qui nous fait prendre conscience qu'on n'y arrivera sans doute pas avant la tombée de la nuit. Les premiers 100 km nous permettent d'admirer des paysages absolument superbes au travers des montagnes avec des arbres majestueux et traversant des villages où les enfants courent après le 4x4 en criant 'yuyuyuyuyu' jusqu'à ce que l'un d'eux attrape votre regard et son visage s'illumine alors de joie. Le regard dans leurs yeux et le sourire sur leurs visages valent tout le luxe du monde ! Il nous faut près d'une heure pour parcourir 25 km donc si la route ne s'améliore pas, il va nous falloir passer la nuit quelque part en chemin. On trouve un endroit suffisamment éloigné des villages, sous un arbre, juste avant que la pluie ne commence à tomber. Notre soucis principal est une visite inopinée, vu que dès qu'on s'arrête sur le bord de la route pendant la journée, dix personnes ou plus s'attroupent immédiatement autour du 4x4.
Tôt le matin suivant, après une nuit paisible sans aucune visite, nous reprenons la route pour couvrir les derniers 150 km jusqu'à Axum. 75 km avant la destination finale, on aperçoit à l'horizon une zone noire. Est-ce vraiment ce que nous pensons aprecevoir ? Oui, c'est une route goudronnée ! Avec quelques interruptions, on roule vers Axum sur une route parfaite qui est la bienvenue !
Axum sera notre havre pour quelques jours car nous y avons trouvé un hôtel luxueux selon les standards éthiopiens : eau chaude, électricité et un lit propre (sans puce). Par bonheur le prix s'en tient lui-aussi aux standards locaux, seulement 7 euros la nuit, moins cher que bien des campings où nous sommes restés auparavant. Samedi est jour de marché à Axum donc c'est forcément là où nous nous rendons pour prendre connaissance du style de vie dans cette région du Tigrai. Sur le marché, peu de légumes frais mais une abondance de céréales comme le tef utilisé pour la préparation du 'injera' (pancake local), on y trouve également du coton et des chaussures en plastique ou des vêtements usagés. Au bout d'une heure, on s'assoit afin de pouvoir observer plus tranquillement et nous sommes immédiatement entourés d'une dizaine d'enfants curieux de notre présence. On ne peut s'empêcher de commencer à les prendre en photos et le jeu commence, c'est ainsi qu'on rencontre Natnael.
Après avoir pris quelques photos, on les montre aux enfants et Natnael, un garçon de 13 ans, nous demande d'où nous venons. Comme il parle anglais, il peut alors traduire pour nous. On passe le reste de l'après-midi avec lui tandis qu'il nous accompagne dans le marché. Au milieu des enfants, il y a Elsa, une adorable petite fille de 8 ans qui ne parle pas encore un mot d'anglais mais avec son regard pur attire notre attention. On lui montre également les photos prises d'elle ce qui suscite un large sourire sur son visage. Elle prend la main de Val et ne la lâchera plus le reste de l'après-midi, souriant à Val lorsque les gens les regardent l'air interloqué parcourant ainsi le marché main dans la main. Ensemble avec Natnael et Elsa, nous flânons allant de stand en stand. Parfois Natnael explique ce pour quoi les différentes graines sont utilisées ou bien les variétés d'épices. Barry explique à Natnael qu'en Europe on trouve rarement du coton sur les marchés mais seulement le produit final issu du coton, tel que des vêtements. Il ne faut pas longtemps à Natnael pour prendre en main l'un de nos appareils et commencer à faire des photos alors que nous parlons avec d'autres enfants. Quelques conseils de Barry et Natnael parvient rapidement à faire de bonnes images sans plus aucune assistance.
Sans l'avoir prévu, nous passons la plus grande partie de la journée sur le marché avec Elsa et Natnael puis ramenons les enfants chez eux pour s'assurer qu'ils sont en sécurité. La mère d'Elsa est quelque peu surprise lorsqu'elle nous voit arriver avec sa fille, mais nous accueille chaleureusement. Elsa est fière de nous montrer sa maison avant de dire au revoir. Nous avons retrouvé Natnael chaque jour depuis lors et rendrons très surement visite à Elsa dans la semaine. Tous deux sont de merveilleux enfants.
Tôt le matin suivant, après une nuit paisible sans aucune visite, nous reprenons la route pour couvrir les derniers 150 km jusqu'à Axum. 75 km avant la destination finale, on aperçoit à l'horizon une zone noire. Est-ce vraiment ce que nous pensons aprecevoir ? Oui, c'est une route goudronnée ! Avec quelques interruptions, on roule vers Axum sur une route parfaite qui est la bienvenue !
Axum sera notre havre pour quelques jours car nous y avons trouvé un hôtel luxueux selon les standards éthiopiens : eau chaude, électricité et un lit propre (sans puce). Par bonheur le prix s'en tient lui-aussi aux standards locaux, seulement 7 euros la nuit, moins cher que bien des campings où nous sommes restés auparavant. Samedi est jour de marché à Axum donc c'est forcément là où nous nous rendons pour prendre connaissance du style de vie dans cette région du Tigrai. Sur le marché, peu de légumes frais mais une abondance de céréales comme le tef utilisé pour la préparation du 'injera' (pancake local), on y trouve également du coton et des chaussures en plastique ou des vêtements usagés. Au bout d'une heure, on s'assoit afin de pouvoir observer plus tranquillement et nous sommes immédiatement entourés d'une dizaine d'enfants curieux de notre présence. On ne peut s'empêcher de commencer à les prendre en photos et le jeu commence, c'est ainsi qu'on rencontre Natnael.
Après avoir pris quelques photos, on les montre aux enfants et Natnael, un garçon de 13 ans, nous demande d'où nous venons. Comme il parle anglais, il peut alors traduire pour nous. On passe le reste de l'après-midi avec lui tandis qu'il nous accompagne dans le marché. Au milieu des enfants, il y a Elsa, une adorable petite fille de 8 ans qui ne parle pas encore un mot d'anglais mais avec son regard pur attire notre attention. On lui montre également les photos prises d'elle ce qui suscite un large sourire sur son visage. Elle prend la main de Val et ne la lâchera plus le reste de l'après-midi, souriant à Val lorsque les gens les regardent l'air interloqué parcourant ainsi le marché main dans la main. Ensemble avec Natnael et Elsa, nous flânons allant de stand en stand. Parfois Natnael explique ce pour quoi les différentes graines sont utilisées ou bien les variétés d'épices. Barry explique à Natnael qu'en Europe on trouve rarement du coton sur les marchés mais seulement le produit final issu du coton, tel que des vêtements. Il ne faut pas longtemps à Natnael pour prendre en main l'un de nos appareils et commencer à faire des photos alors que nous parlons avec d'autres enfants. Quelques conseils de Barry et Natnael parvient rapidement à faire de bonnes images sans plus aucune assistance.
Sans l'avoir prévu, nous passons la plus grande partie de la journée sur le marché avec Elsa et Natnael puis ramenons les enfants chez eux pour s'assurer qu'ils sont en sécurité. La mère d'Elsa est quelque peu surprise lorsqu'elle nous voit arriver avec sa fille, mais nous accueille chaleureusement. Elsa est fière de nous montrer sa maison avant de dire au revoir. Nous avons retrouvé Natnael chaque jour depuis lors et rendrons très surement visite à Elsa dans la semaine. Tous deux sont de merveilleux enfants.
Ethiopie - Montagnes Simien
10 / Jun / 2010
Nous arrivons trop tard à Debark pour pouvoir acheter les tickets d'entrée pour le parc national et organiser un scout, donc on doit passer la nuit en ville au Simien Park Hotel. Vu que c'est loin d'être l'endroit le plus propre, on dort dans la voiture. WC disponible (si on n'est pas trop regardant) mais pas de douche, en fait pas d'eau courante du tout et si vous voulez vous pouvez obtenir un saut d'eau. Comme si on allez prendre une douche au beau milieu des autres résidents dans le compound de l'hôtel ?! Inutile de mentionner que nous démarrons à la première heure le matin suivant pour nous rendre au bureau du parc national des Montagnes Simien.
En dépit de nos efforts pour éviter d'avoir un scout, il nous est expliqué gentiment mais fermement que la présence du scout avec nous est obligatoire et nécessaire à notre sécurité, de plus il connaît la route (même s'il n'y a qu'une seule et unique piste dans les montagnes Simien…). Donc le scout, Toso, grimpe à l'arrière du 4x4 avec son vieux fusil chargé, ou pas d'ailleurs, nous n'en avons aucune idée. On traverse le marché de Debark avant de s'engager sur la route de montagnes qui mène jusqu'à l'entrée du parc, où nos billets et la présence du scout sont vérifiés avant de nous laisser entrer. Seulement 10 km plus loin, on commence à voir les fameux babouins Gelada. C'est un petit groupe d'à peu près 20 membres, tous occupés à manger l'herbe des plateaux. On poursuit vers l'un des derniers camps, Chennek, ce qui nous permet de traverser la plupart du parc par la piste, montant et descendant les flancs de montagnes successives. Les montagnes Simien sont l'une des plus importantes chaines montagneuses d'Afrique avec plusieurs pics dépassant les 4,000m d'altitude. Les paysages sont spectaculaires depuis la piste mais seulement lorsqu'on descend du 4x4 on peut alors se rendre compte que cette piste passe le long de ravins hauts de plusieurs centaines de mètres. Une fois au camp de Chennek qui culmine à 3,614m, non seulement on peut sentir l'altitude mais également la chute de température : on a littéralement la tête dans les nuages, un peu comme si on était sur le toit du monde. Dans cette région fortement chrétienne orthodoxe, on ne peut que songer à une intervention divine pour avoir créer un tel spectacle de pure beauté et de grandeur.
Le temps de récupérer notre souffle et on s'aperçoit qu'on est en fait au beau milieu d'un large groupe de babouins. Ils sont partout autour du Toyota alors rapidement il ne nous reste qu'à photographier des heures durant ces fascinants animaux qui ne peuvent être vus que sur les hauts plateaux éthiopiens. Photos mises à part, il est vraiment intéressant d'observer leur attitude et interaction sociale. On commence alors à distinguer les différents caractères et le rôle social de certains d'entre eux au sein du groupe. Barry se retrouve complètement dans son élément. Etre simplement au milieu et si proche de ces animaux représente un moment particulier. Ces babouins Gelada sont parfois si proches, à moins de deux mètres, que c'est une expérience totalement différente de celles dans d'autres parcs où vous êtes tenus de rester dans votre véhicule pour des raisons de sécurité. Quand on voit les mâles bailler et montrer leurs dents, on se demande alors à quel point on est en sécurité. Pour autant, ils ne montrent à aucun moment de signe d'agression envers nous. Les plus malins simplement tournent le dos lorsqu'ils ne veulent pas être photographiés et ne prennent même pas la peine de s'éloigner. Ils poursuivent leur activité et continuent de manger de l'herbe.
D'une seconde à l'autre, une légère dispute fait irruption dans le groupe et s'arrête aussi vite qu'elle a commencé ce qui rend l'exercice difficile à photographier ! En fin d'après-midi, le groupe commence lentement sa descente le long du flanc de montagne, où ils passeront la nuit tranquillement, nous laissant tout juste le temps de préparer le dîner avant que la pluie ne se mette à tomber plusieurs heures durant. La nuit est froide et humide, nous sommes soulagés de pouvoir dormir dans le 4x4 sous plusieurs épaisseurs de sacs de couchages et couvertures.
Toso nous réveille tôt le matin, les Geladas sont de retour et le soleil matinal diffuse une lumière chaude sur les environs, avant de se cacher derrière les nuages d'ici deux heures à peine pour le reste de la journée. Les babouins se nettoient mutuellement tandis que les plus jeunes jouent dans une mare d'eau à proximité. Ils se poursuivent sur les plateaux et se réfugient derrière leurs mères lorsque le jeu se transforme en dispute. Les montagnes Simien sont à couper le souffle (dans tous les sens du terme !) et y passer plusieurs semaines pour profiter des paysages, des animaux et des randonnées sera certainement une chose à faire.
En dépit de nos efforts pour éviter d'avoir un scout, il nous est expliqué gentiment mais fermement que la présence du scout avec nous est obligatoire et nécessaire à notre sécurité, de plus il connaît la route (même s'il n'y a qu'une seule et unique piste dans les montagnes Simien…). Donc le scout, Toso, grimpe à l'arrière du 4x4 avec son vieux fusil chargé, ou pas d'ailleurs, nous n'en avons aucune idée. On traverse le marché de Debark avant de s'engager sur la route de montagnes qui mène jusqu'à l'entrée du parc, où nos billets et la présence du scout sont vérifiés avant de nous laisser entrer. Seulement 10 km plus loin, on commence à voir les fameux babouins Gelada. C'est un petit groupe d'à peu près 20 membres, tous occupés à manger l'herbe des plateaux. On poursuit vers l'un des derniers camps, Chennek, ce qui nous permet de traverser la plupart du parc par la piste, montant et descendant les flancs de montagnes successives. Les montagnes Simien sont l'une des plus importantes chaines montagneuses d'Afrique avec plusieurs pics dépassant les 4,000m d'altitude. Les paysages sont spectaculaires depuis la piste mais seulement lorsqu'on descend du 4x4 on peut alors se rendre compte que cette piste passe le long de ravins hauts de plusieurs centaines de mètres. Une fois au camp de Chennek qui culmine à 3,614m, non seulement on peut sentir l'altitude mais également la chute de température : on a littéralement la tête dans les nuages, un peu comme si on était sur le toit du monde. Dans cette région fortement chrétienne orthodoxe, on ne peut que songer à une intervention divine pour avoir créer un tel spectacle de pure beauté et de grandeur.
Le temps de récupérer notre souffle et on s'aperçoit qu'on est en fait au beau milieu d'un large groupe de babouins. Ils sont partout autour du Toyota alors rapidement il ne nous reste qu'à photographier des heures durant ces fascinants animaux qui ne peuvent être vus que sur les hauts plateaux éthiopiens. Photos mises à part, il est vraiment intéressant d'observer leur attitude et interaction sociale. On commence alors à distinguer les différents caractères et le rôle social de certains d'entre eux au sein du groupe. Barry se retrouve complètement dans son élément. Etre simplement au milieu et si proche de ces animaux représente un moment particulier. Ces babouins Gelada sont parfois si proches, à moins de deux mètres, que c'est une expérience totalement différente de celles dans d'autres parcs où vous êtes tenus de rester dans votre véhicule pour des raisons de sécurité. Quand on voit les mâles bailler et montrer leurs dents, on se demande alors à quel point on est en sécurité. Pour autant, ils ne montrent à aucun moment de signe d'agression envers nous. Les plus malins simplement tournent le dos lorsqu'ils ne veulent pas être photographiés et ne prennent même pas la peine de s'éloigner. Ils poursuivent leur activité et continuent de manger de l'herbe.
D'une seconde à l'autre, une légère dispute fait irruption dans le groupe et s'arrête aussi vite qu'elle a commencé ce qui rend l'exercice difficile à photographier ! En fin d'après-midi, le groupe commence lentement sa descente le long du flanc de montagne, où ils passeront la nuit tranquillement, nous laissant tout juste le temps de préparer le dîner avant que la pluie ne se mette à tomber plusieurs heures durant. La nuit est froide et humide, nous sommes soulagés de pouvoir dormir dans le 4x4 sous plusieurs épaisseurs de sacs de couchages et couvertures.
Toso nous réveille tôt le matin, les Geladas sont de retour et le soleil matinal diffuse une lumière chaude sur les environs, avant de se cacher derrière les nuages d'ici deux heures à peine pour le reste de la journée. Les babouins se nettoient mutuellement tandis que les plus jeunes jouent dans une mare d'eau à proximité. Ils se poursuivent sur les plateaux et se réfugient derrière leurs mères lorsque le jeu se transforme en dispute. Les montagnes Simien sont à couper le souffle (dans tous les sens du terme !) et y passer plusieurs semaines pour profiter des paysages, des animaux et des randonnées sera certainement une chose à faire.
Ethiopie: yuyuyuyuyu
07 / Jun / 2010
Le passage de frontière avec l'Ethiopie est un peu particulier, sans doute mémorable et certainement incomparable avec quelque autre frontière traversée au cours de ces derniers mois. On passe de hutte en hutte, à la recherche d'officiels sans uniforme et ayant l'air de tout sauf d'officiel ! On obtient quelques coups de tampons dans nos passeports et Carnet de Passage. Voilà !
Après le prétendu passage de frontière donc, nous roulons au travers de magnifiques montagnes, allant jusqu'à 2,000m d'altitude et voyons avec plaisir la température baisser jusqu'à 16 degrés. Pas vu ce genre de température depuis l'Europe de l'est ! Les routes sont vraiment agréables mais ne sont évidemment pas faites pour véhicules, malgré le parfait goudron. Les routes en Ethiopie sont faites pour les vaches, les ânes, les enfants et tout ceux qui ont besoin de se rendre d'un village à un autre. Le mieux à faire reste donc de réduire notre vitesse de croisière et de profiter du paysage. Dès le premier village que nous traversons, les enfants courent après le 4x4 en criant des 'yuyuyuyuyuyuyu' et faisant des signes avec un grand sourire sur leur visage. Cela continuera ainsi jusqu'à ce qu'on atteigne Gonder où nous faisons un premier arrêt à la banque pour changer de l'argent car la banque à la frontière était fermée entre 12h et 15h.
Nous roulons ensuite quelques 65 km supplémentaires sur piste pour rejoindre le Village Tim&Kim à Gorgora au bord du lac Tana pour y passer quelques jours. Chaque matin, nous nous réveillons près du lac dans lequel nous prenons un bain, que nous partageons avec un hippopotame et des aigles-pêcheurs. C'est un endroit idéal pour relaxer dans ce camp qui est un projet mené par un jeune couple hollandais afin de soutenir la communauté.
Après le prétendu passage de frontière donc, nous roulons au travers de magnifiques montagnes, allant jusqu'à 2,000m d'altitude et voyons avec plaisir la température baisser jusqu'à 16 degrés. Pas vu ce genre de température depuis l'Europe de l'est ! Les routes sont vraiment agréables mais ne sont évidemment pas faites pour véhicules, malgré le parfait goudron. Les routes en Ethiopie sont faites pour les vaches, les ânes, les enfants et tout ceux qui ont besoin de se rendre d'un village à un autre. Le mieux à faire reste donc de réduire notre vitesse de croisière et de profiter du paysage. Dès le premier village que nous traversons, les enfants courent après le 4x4 en criant des 'yuyuyuyuyuyuyu' et faisant des signes avec un grand sourire sur leur visage. Cela continuera ainsi jusqu'à ce qu'on atteigne Gonder où nous faisons un premier arrêt à la banque pour changer de l'argent car la banque à la frontière était fermée entre 12h et 15h.
Nous roulons ensuite quelques 65 km supplémentaires sur piste pour rejoindre le Village Tim&Kim à Gorgora au bord du lac Tana pour y passer quelques jours. Chaque matin, nous nous réveillons près du lac dans lequel nous prenons un bain, que nous partageons avec un hippopotame et des aigles-pêcheurs. C'est un endroit idéal pour relaxer dans ce camp qui est un projet mené par un jeune couple hollandais afin de soutenir la communauté.
