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La magie de Petra à 6h du matin

Après quelques jours passés à la Mer Morte - flotter comme une bulle dans cette mer saturée en sel et minéraux reste toujours une expérience amusante - on arrive enfin à Petra. Ne prêtez pas attention aux bus alignés les uns après les autres sur le parking près de l'entrée ou bien vous seriez capables de rebrousser chemin ! Au lieu de cela, nous entrons dans Petra à 6h le matin suivant, dès l'ouverture du site, pour profitez de la marche solitaire et paisible à travers le Siq (canyon long de 1,2km) qui mène jusqu'au splendide Trésor, un monument tombal de 43m de haut taillé dans la pierre de sable saturée de fer. Petra est réellement un spectacle unique où vous ne pouvez vous empêcher d'imaginer la vie des Nabatéens en ces lieux en 300 avant J.C. Le site est suffisamment vaste pour y marcher des heures durant, donc avoir commencé tôt le matin est une aubaine pour nous. Grimper jusqu'au Haut Lieu des Sacrifices représente une épreuve (surtout pour nos poumons enfumés !) mais quelle récompense une fois en haut de cette montagne d'où on contemple l'ensemble de la vallée de Petra ! La magie de cet endroit en fait notre site favori jusqu'à présent.

Le seul point négatif (mis à part les hordes de touristes débarquant dès le matin) est le prix du ticket d'entrée : 33€ par personne, puis à partir de novembre 2010, 55€ voire même 90€ si vous ne restez en Jordanie qu'une seule journée. Il nous semble que le fait d'être désormais inscrit sur la liste des 7 merveilles du monde permet de pratiquer des tarifs exorbitants malheureusement.

A seulement 60km au sud de Petra, nous rejoignons le désert de Wadi Rum. Passant par le centre de visiteurs (tout aussi inutile que d'habitude), on roule au travers du village de Rum, dernier poste avant l'entrée dans les pistes du désert. Soudain, on a une légère hésitation avant de s'engager sur les pistes ensablées. Mais en 10mn nos têtes tournent à nouveau dans le bon sens, on passe en 4 roues motrices, baisse la pression de pneus et on s'engage sur la piste ! La première partie du désert ressemble à une autoroute de pistes ensablées qui partent dans toutes les directions. Mais rapidement les pistes s'estompent. Barry adapte son style de conduite promptement, tandis que Val tente de lire le GPS de son mieux afin de donner les indications de navigation correctes au pilote ! Fantastique expérience de 3 jours, à camper dans le désert en bivouac et à vadrouiller aussi loin que possible afin de découvrir toujours davantage de paysages différents dans ce magnifique désert rendu célèbre par Laurence d'Arabie. Alors que nous gagnons en confiance, le dernier jour une pensé stupide nous traverse l'esprit et nous décidons de rouler plus avant au sud pour traverser le désert et rejoindre de quelque façon que ce soit la ville d'Aqaba. Ce que nous n'avions pas prévu en chemin est qu'une immense chaine de montagnes nous barre le chemin, impossible à traverser. Après 3 heures de pistes, la raison l'emporte enfin et nous rebroussons chemin en suivant notre propre tracer jusqu'au dernier campement. On en apprend tous les jours !

A l'issue de notre séjour au Proche Orient, nous trouvons la Jordanie un peu trop onéreuse. Vous pouvez clairement voir que la Jordanie est en quelque sorte victime de son propre succès : le tourisme de masse a comme conséquence la montée des prix et la perte d'authenticité. Les sites sont bien sûr splendides, mais pourraient avoir quelques poubelles ici ou là. Il y a des détritus partout. Les prix indiqués dans le Lonely Planet sont à majorrer de 50% au moins. Les groupes touristiques sont communs en Jordanie donc les voyageurs solitaires comme nous sont parfois moins bien reçus que les autres, spécialement si on compare à la Syrie où l'hospitalité est si chaleureuse.

Ahlan wa sahlan ! - Bienvenu en Jordanie !

Après quelques nuits aux Crac des Chevaliers, nous sommes prêts pour le désert et trouvons notre havre suivant à Palmyra, au centre de la Syrie. L'ami d'Abu Omar nous attendait et nous le rencontrons devant l'hôtel. Dès l'arrivée, du thé nous est offert (une véritable tradition au Moyen Orient !) et un déjeuner rapide est arrangé car on paraît sans doute légèrement affamé. Ventre rempli et chambre retenue, nous montons en voiture jusqu'à la Citadelle pour admirer la vue avant la tombée du jour. Au couché de soleil, nous nous trouvons au beau milieu des ruines dont les pierres ocres tournent au rouge vermeil, le meilleur moment de la journée - à voir absolument. Les ruines datent du temps des Romains et s'y balader vous plongent immédiatement dans ce qu'était Palmyra (La Cité des Palmiers) au temps des caravanes voyageant de la Méditerranée, à la Mésopotamie et l'Arabie.

Au petit déjeuner le matin suivant, on rencontre un couple hors du commun : John a 74 ans et Mora 80. Elle est née en Afrique du Sud, a vécu au Malawi et bien qu'établie en Grande Bretagne pour les 30 dernières années, elle continue de voyager à travers le monde par le biais des transports locaux. Croyez-le ou pas, cet adorable vieux couple voyage en Syrie et Jordanie en empruntant les bus locaux et parvient à trouver son chemin grâce à cette fantastique expérience des voyages.

Suivant les conseils d'un homme d'affaire français actuellement en congés sabbatiques en Syrie où il collabore bénévolement dans une institution jésuite, nous avançons plus avant dans le désert pour rejoindre le monastère St Moïse l'Ethiopien à Mar Mousa. A notre grande surprise, ce monastère du 6e siècle, caché au milieu des montagnes désertiques et rocailleuses, se trouve en fait au milieu d'une immense zone militaire avec des troupes en entraînement, des tanks et des avions de chasse en exercice. Que doivent-ils bien penser de ce Toyota blanc qui traverse leur zone ?

La Mosquée Omeyyade de Damas mérite davantage qu'une simple visite. S'asseoir sur un des côtés de la cour intérieure et observer les musulmans en pèlerinage dans ce lieu magique nous hypnotise pendant plusieurs heures… Cette mosquée a une longue histoire et demeure l'un des lieux les plus saints de l'Islam. Valérie a pu se glisser durant quelques heures dans la vie des musulmanes en revêtant une longue robe qui la recouvre entièrement (corps et tête) afin de pouvoir entrer dans la mosquée. A la fin de la visite, une jeune femme syrienne nous surprend en demandant à Val si elle peut la prendre en photo. En un rien de temps, nous sommes entourés de plusieurs familles qui souhaitent elles-aussi avoir leur photo prise en notre compagnie. La mixité des gens que vous rencontrez autour la mosquée dans la vieille ville de Damas participe à l'attrait de la cité. Venant d'Irak, d'Iran ou d'Arabie Saoudite, des plus conservateurs (des femmes entièrement voilées) aux plus modernes suivant la mode occidentale. Il y a plusieurs circuits touristiques à suivre dans la vieille ville, mais on se plaît davantage à se perdre dans les ruelles étroites afin de découvrir l'inattendu au coin de chaque rue ou derrière chaque façade. En un mot pour conclure sur Damas : nous avons adoré cette ville qui offre autant par sa richesse historique que par son authenticité et sa mixité.

Entrer en Jordanie semble presque plus facile que de sortir de Syrie, tout du moins au vu de notre expérience. Avant de collecter les autorisations nécessaires en Jordanie, le 4x4 est minutieusement inspecté, du dessous cette fois-ci. Puis le circuit classique s'ensuit : changer de l'argent liquide, souscrire une assurance véhicule, passer les douanes pour le 4x4 (et ne pas oublier le carnet de passage à faire tamponner), obtenir nos visas et nous y voilà !

Première impression de la Jordanie : les gens conduisent bien plus prudemment et ils adorent les dos d'ânes par ici ! On en sent passer quelques uns en route pour Jarash. Bien que tentés de passer sur la visite des ruines cette fois-ci - quand vous avez vu un site, vous avez tendance à penser que tous les autres se ressemblent - pourtant ne pas voir les ruines de Jarash aurait était une erreur. Ce site immense, que nous conseillons de ne pas visiter en milieu de journée par 35 degrés contrairement à ce que nous avons fait, est absolument superbe, avec des ruines romaines magnifiquement préservées.

A l'entrée d'Amman et alors que nous traversons la ville, le voilà, en chemin : BURGER KING. Le jour de notre départ des Pays Bas, Barry mourait d'envie de manger un Whopper mais ne l'a jamais trouvé jusqu'à Amman en Jordanie. Imaginez le goût du meilleur hamburger, multipliez par deux et vous saurez à quel point c'était bon !

A Amman, nous passons la nuit dans l'Ecole Theodor Schneller. L'objectif premier de l'école, établi en 1860 par Johann Ludwig Schneller à Jérusalem, est d'apprendre à vivre en paix. Cette institution accueille des enfants de confession chrétienne et musulmane afin de vivre ensemble. Ils sont orphelins, issus de familles de réfugiés (l'école est située aux abords d'un camp de réfugiés palestiniens) ou de familles en situation difficile. De nombreux enfants sont marqués par l'expérience de la violence. Pour en apprendre davantage sur cette école, merci de consulter leur site : www.evs-online.org